Regarder son animal vivre

Regarder son animal vivre

Une des plus belles leçons que j’ai reçues de la part des animaux, c’est tout simplement de m’inspirer d’eux. Pas à travers quelque chose de compliqué, mais juste en les regardant vivre. Leur simplicité est désarmante. Ils ne se prennent pas la tête, ne se projettent pas dans mille scénarios, ne ressassent pas. Ils vivent, pleinement, et la plupart du temps… ils sont heureux.

C’est vraiment ce point-là que j’ai retenu avec ma chienne Jorka. Jorka est une Bodeguera, elle vient d’Espagne et elle est arrivée chez nous alors qu’elle n’avait que quelques mois. C’est d’ailleurs à ce moment-là que j’ai commencé la communication animale, et avec le recul, je sens que ce n’est pas arrivé par hasard.

Jorka a un caractère bien à elle. Avec les autres chiens, elle peut être assez vive, parfois un peu rentre-dedans. Mais en réalité, derrière ça, il y a souvent de la peur. Elle est petite, elle peut vite se sentir impressionnée, alors elle préfère foncer. Comme si elle prenait les devants pour ne pas subir. Et ça, c’est déjà très parlant, parce que finalement, nous faisons souvent la même chose sans nous en rendre compte : derrière certaines réactions, il y a simplement une peur qu’on ne veut pas montrer.

Mais au-delà de ça, ce qui m’inspire le plus chez elle, c’est sa joie. Une joie presque constante. On pourrait croire qu’elle ne bouge jamais de cet état-là. On la gronde, elle reste joyeuse. On se lève, elle est joyeuse. On rentre à la maison, elle est encore plus joyeuse. Elle est toujours dans cet élan de vie, comme si chaque instant était une bonne raison d’être contente.

Et puis il y a son côté malicieux. Quand on essaie de la faire aller se coucher alors qu’elle n’est pas d’accord, elle nous fait ses petites pirouettes, ses mimiques, comme pour nous faire changer d’avis. Et souvent, elle y arrive, parce qu’elle vient modifier l’ambiance, alléger le moment, déplacer notre attention.

C’est là que je me rends compte à quel point elle m’inspire. Parce que nous, humains, nous avons tendance à nous laisser embarquer très vite par une émotion, une contrariété, une mauvaise nouvelle. On peut devenir ronchon au réveil, garder une tension toute la journée, ruminer… là où eux passent à autre chose beaucoup plus facilement. Ils vivent l’émotion, puis ils reviennent naturellement à quelque chose de plus léger, de plus vivant.

Jorka me rappelle que cet état est possible, qu’il existe déjà, et qu’on peut s’en rapprocher, à notre manière. Pas en cherchant à devenir comme eux, mais en s’autorisant à lâcher un peu, à revenir dans le présent, à retrouver de la simplicité.

Alors je vous pose la question : avez-vous, vous aussi, un gai luron autour de vous ? Un animal qui vous inspire, même dans des choses très simples ? Peut-être qu’il vous montre comment poser vos limites, ou au contraire comment jouer davantage — parce que clairement, nous ne jouons pas assez. Peut-être qu’il vous invite à bouger plus, à sortir, à respirer, ou simplement à être là.

Prenez le temps de les observer autrement. Pas juste comme un animal “qui est là”, mais comme un être qui a quelque chose à vous montrer. Et demandez-vous, avec sincérité : qu’est-ce que tu es en train de m’apprendre ?

La réponse est souvent déjà là, sous vos yeux.

Extrait de mon livre sur la communication animale, écriture en cours. Sortie courant 2026.

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